À quoi « servent » encore les artistes en 2026 ?
- unjourparfaitpour
- 25 janv.
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 27 janv.
Aujourd’hui est un JOUR parfait POUR faire une pause dans le chaos ambiant, entre tensions, crises et guerres… et s’interroger sur le rôle, la mission, et la fonction de l’artiste dans nos vies 🌬️🌱💧🔥 !
On a longtemps demandé à l’art d’amuser, de distraire, d’embellir. Puis on l’a aussi laissé devenir un détour intelligent : celui qui permet de parler du pouvoir sans le nommer, de dénoncer sans s’exposer, d’alléger le quotidien sans le nier.
En 2026, la question revient autrement, plus frontale : dans un monde rapide, saturé d’images, d’opinions et d’algorithmes, à quoi servent encore les artistes ?
Ma réponse tient en quatre verbes : imaginer 🌬️, être 🌱, ressentir 💧, agir 🔥.
🌬️ IMAGINER - L’artiste-narrateur : donner forme à l’époque
Avant de changer le monde, il faut pouvoir le voir.
L’artiste-narrateur est un témoin de son époque, il capte tout ce qui circule y compris ce qui n’a pas encore été nommé : l’inquiétude diffuse, la fatigue sociale, la solitude moderne, la complexité, les contradictions. Il ne « commente » pas seulement l’actualité : il met en récit ce qui nous traverse, il révèle et met en lumière.
Ce que cela change :
- Il transforme le bruit en histoire, en image, en musique, en scène.
- Il rend le réel lisible : on comprend ce que l’on ressent sans pouvoir l’énoncer.
- Il fabrique une mémoire sensible : quelque chose reste et persiste au-delà du flux.
À quoi cela sert-il ?
À retrouver une boussole intérieure dans un monde qui accélère, et à remettre du sens là où tout s’appose, se juxtapose, et/ou s’oppose.
🌱 ÊTRE - L’artiste-médiateur : créer du commun sans exiger l’accord
Être, c’est aussi, et avant tout, être ensemble.
L’artiste-médiateur ouvre un espace au sein duquel il devient possible de partager une expérience sans devoir se convaincre mutuellement. Un concert, une exposition, un texte, un film : parfois, cela suffit à faire tomber un cran de tension, à réintroduire une présence, une écoute.
Ce que cela permet :
- Se rencontrer autrement que par le débat, la confrontation ou l’affrontement.
- Redonner une place au silence, à la contemplation, à la nuance.
- Retisser du lien entre générations, milieux, sensibilités.
À quoi cela sert-il ?
À restaurer une forme de « nous », fragile, imparfait, mais vivant, et à rappeler que la culture n’est pas un luxe : elle est un véritable tissu relationnel.
💧 RESSENTIR - L’artiste-artisan d’empathie : traverser plutôt qu’expliquer
L’art ne prouve pas. Il fait ressentir.
Et dans une société qui survalorise l’opinion immédiate et la perfection en toute chose, ressentir devient presque un acte de résistance : reprendre contact avec la complexité d’une émotion, avec l’ambivalence, avec l’humain derrière les étiquettes.
Ce que l’art active :
- La catharsis : déposer, traverser, respirer.
- L’empathie : entrer dans une expérience qui n’est pas la nôtre.
- La reconnaissance : « je ne suis pas seul à vivre ça ! ».
À quoi cela sert-il ?
À éviter que notre monde intérieur ne se réduise qu’à des réactions rapides, instinctives ou mécaniques, et à surtout (et sur tout) redonner de la profondeur au vécu, et sa vraie valeur à l’expérientiel.
🔥 AGIR - L’artiste-transformateur : déplacer le regard, donc déplacer le possible
Agir ne commence pas par une solution. Agir commence par un déplacement : voir autrement.
L’artiste-transformateur n’a pas besoin de faire la morale pour produire un impact. Il révèle des angles morts, rend visibles des vies invisibilisées, met en crise des évidences. Il dérange parfois, et c’est ô combien précieux dans une société de plus en plus aseptisée où la parole libre est de plus en plus condamnée, au nom de règles, de process, de dogmes, d’une morale prétendument consensuelle, et de gens bien-pensants.
Ce que cela déclenche :
- Des conversations qu’on évitait.
- Une lucidité nouvelle sur ce que l’on normalise.
- Un élan : pas forcément militant, mais clair. Un « je ne peux plus ne pas voir, alors maintenant, je vois ! ».
À quoi cela sert-il ?
À élargir le champ du possible. À remettre de la conscience et de la responsabilité là où il n’y avait que de l’abrutissement, de l’asservissement et de l’habitude.
En réalité, l’artiste lui-même n’a pas « une mission », mais son art a des effets !
Alors… à quoi sert un artiste ?
- À Imaginer 🌬️ : donner forme à l’époque et à nos contradictions.
- À Être 🌱 : créer du commun, même quand tout nous sépare.
- À Ressentir 💧 : rendre l’humain fréquentable, profond, partageable.
- À Agir 🔥 : déplacer le regard, et parfois, déclencher un pas en avant ou un pas de côté.
« Quand le monde fait du bruit, l’art remet du sens ; quand tout divise, il relie ; quand tout durcit, il réhumanise. » Xavier Riondel.
ESSENTIEL ! En 2026, nous avons besoin de cela plus que jamais : des créateurs de sens, non pas pour nous dire quoi penser, mais pour nous aider à redevenir présents, vivants, reliés.
❓ Et vous, qu’attendez-vous d’un artiste ; qu’il vous apaise, qu’il vous réveille, qu’il vous relie à vous-même et aux autres… ou qu’il vous dérange utilement ?
L’art commence là où l’esprit s’ouvre.
Mon ADN : humAin dans un monDe coNnecté !
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